Un cachalot dans le jardin

Titre énigmatique, il me permet de dédramatiser un peu, vous allez comprendre.

Cet automne je voulais faire la cueillette de champignons. Mon planning était pris à temps complet par le fameux muret de la terrasse (voir ici), j’ai dû renoncer à faire cette sortie.
Alors lorsque j’ai vu ces beaux champignons dans un massif, je me suis demandée s’ils étaient mangeables.

C'est ti pas mignon
C’est ti pas mignon

J’ai délicatement pris l’un d’eux et en allant faire les courses je me suis arrêtée dans une pharmacie (place de l’Hotel de Ville, à la Ferté sous Jouarre). Par chance je suis tombée sur une experte :  « il pousse sur une souche et sur un même pied, groupé? Il s’agit de l’Armillaire Couleur de Miel ». Champignon comestible jeune, mais ensuite il peut se révéler très indigeste, il ne vaut mieux pas s’y risquer. De plus son goût n’en vaudrait pas la chandelle. Je repars un peu déçue mais intriguée par ce champignon à moitié comestible.

Je décide de faire quelques recherches sur le net, et je découvre qu’il se nourrit de la matière organique morte des arbres, on le trouve effectivement souvent sur de vieilles souches, les miens poussaient à la place d’un cerisier mort l’année dernière. Il avait été coupé en rondins et j’avais pourtant enlevé la souche, mais une partie de ses racines est encore présente.

En cherchant un peu plus, je lis qu’il peut s’attaquer au système racinaire des arbres vivants. Là je prends peur car j’ai des arbres fruitiers assez âgés qui montre les uns après les autres des signes de faiblesses depuis 2 ans, comme le cerisier avant de mourir.

Ma petite enquête se termina par la lecture de l’article de Marie-Claude, à laquelle il arrive justement la même chose. Les réponses des visiteurs de son blog ne sont pas rassurantes, effectivement c’est une peste cette Armillaire, elle finit par tuer les arbres et il n’y a rien à faire. Pire on ne peut pas replanter juste après (ce que j’ai fait!) la terre reste contaminée pendant plusieurs années.

Le lendemain, je refais un tour dans le jardin, j’en vois à 2 autres endroits et chez les voisins :-(

Armillaire Couleur de Miel
Armillaire Couleur de Miel

Mais pourquoi il se développe si bien chez moi? J’ai trouvé une réponse sur le site UPJ « Il se manifeste principalement dans les sols mal drainés ou les loams argileux lors de longues périodes pluvieuses. Une calamité pour beaucoup d’espèces. Lorsque vous voyez ce champignon au pied d’un arbre, c’est la mort assurée. » Terre argileuse humide ? J’ai comme l’impression que l’on décrit la terre de mon jardin…

Le seul arbuste qui résiste à ce champignon c’est le bambou, mais ce n’est vraiment pas ma tasse de thé… Il ne me reste plus qu’à faire culture de champignons, je crois qu’il n’y a vraiment que ça qui pousse très bien chez moi!

Pour couronner le tout en plantant mes bulbes j’ai trouvé une jolie motte bien cachée derrière mon pommier. C’est comme voir la Grande Faucheuse, « bon mon gars tu es mort dans pas longtemps, tes dernières volontés? » mais aussi réaliser le rêve de quelqu’un « Chéri, tu voulais agrandir ton terrain de foot? ton voeu est exhaussé! »

Armillaire Couleur de Miel au pied du pommier
Armillaire Couleur de Miel au pied du pommier

Je pourrais enlever les champignons, mais d’après ce que j’ai compris, c’est un peu le sommet de l’iceberg. Il agit surtout en profondeur en faisant pourrir les racines. Alors pourquoi je parlais de cachalot? et bien justement ce champignon peut prendre possession d’un grande surperficie, c’est ce que j’ai lu ici http://mycorance.free.fr/valchamp/champi64.htm dans « commentaire » à la fin : 10 km carré dans l’Oregon, de quoi produire en champignons le poids d’un cachalot…

17 commentaires

  1. C’est vrai que ce n’est pas rassurant! Merci pour ces infos. Je ne suis pas du tout fan de ces produits, mais est-ce qu’il n’existe pas de solution phytosanitaire à ce problème?

  2. C’est une peste ce champignon et c’est dur de voir les arbres mourir à petit feu…..Même s’ils ne sont que la face apparente du problème, je les oterai tout de même….Ma terre est un peu comme la tienne, je surveillerai mieux les champignons qui y poussent désormais….

    • J’en ai oté car je ne supporte pas de les voir, mais à priori cela ne change rien. Je vais hésiter à donner des plantes maintenant…

  3. Bonjour Anne,
    je me demande si tu vas avoir des arrivées sur ton blog avec en mot de recherche google « j’ai un cachalot dans le jardin » 😉
    C’est marrant hier j’en ai trouvé sous un charme à l’emplacement des nouveaux massifs et j’ai cherché son nom dans mes bouquins …. j’aurais gagné du temps à attendre que tu publie.
    Terre argileuse lourde et mal drainé … ohhhh on a des points communs.
    Beau dimanche

    • Tu m’as fait rire avec ton histoire de référencement Google! Bon, tu n’as pas l’air inquiet par ta découverte, de mon coté je ne suis pas défaitiste mais je me demande comment procéder, c’est un travail de titan pour juste essayer de s’en débarrasser.

  4. 😥 Mince alors, en voila une plaie, c’est comme la merule en bretagne
    Il va falloir que je surveille mon jardin car j’ai cru voir des champignons au fond là où la terre reste à l’ombre en permanence et comme la terre est argileuse et compacte ça peut sans doute expliquer qu’il y pousse des spécimens indésirables
    Il doit bien exister un traitement, je vais chercher
    Bonne journée à toi

  5. Gloups…c’est ma hantise ce champignon ! Je surveille son éventuelle apparition dans mon jardin parce ma terre correspond en tous points à ce qu’il affectionne et le dépérissement mystérieux de mon malus Evereste m’a fait soupçonné le pire ! Je sais qu’il a fait de gros gros dégâts chez Camille aussi…rien de ligneux ne lui échappe :( Et, non, il n’existe aucun remède sinon l’arrachage soigneux de tout sujet atteint.

    • Merci pour ta visite Brigitte, ca me remotive un peu de savoir que tu arrive à avoir un très beau jardin malgré cette peste!

  6. Oh la la ça fait peur ton article. Ca fait mal de perdre des arbres. J’espère que tu arriveras à sauver ton pommier. Bonne fin de weekend.

  7. Quelle saleté ce champignon ! Je suis allée regarder sur les différents liens que tu as cités et c’est peu rassurant. Heureusement que tu t’es interrogée sur cette présence. Maintenant il faut essayer d’en éliminer un maximum en surface et sous terre. Encore un sacré boulot ! Faut-il ensuite brûler ce que tu auras réussi à retirer ?
    J’espère que tu trouveras vite une solution phytosanitaire et que tes fruitiers seront épargnés.
    Belle soirée

    • Il y a en effet un sacré travail pour essayer de limiter la casse, mais par où commencer… Et non pas de solution phytosanitaire. Bonne semaine

  8. nous en avons parlons lorsque nous nous sommes revues. C’est un sacré problème … mais je vois que tu n’es pas la seule a avoir ces champignons.bon courage

  9. présent ici aussi en sol sec et drainé, s’est implanté sur un mimosa en détresse, lui a fait la peau en deux , trois ans… a dégagé dans la foulée et avant le mimosa deux jeunes lilas… nous n’avons pas le temps d’attendre avant de replanter, nous n’avons pas choisi une espèce résistante… les avis diffèrent à ce propos. Seule parade dérisoire … mais quoi, l’armilliaire existe depuis aussi longtemps que les jardins et leurs jardiniers… arracher les souches , détruire un maximum de rhizomorphes (heureusement seulement à 20 cm de profondeur) et nettoyer… faire du propre, ne rien laisser traîner qui puisse être le départ d’une contagion quelconque. L’oeil du jardinier lui est plus utile encore que ses genoux, être vigilant, tout le temps! Courage et bonne chance!

    • En sol sec et drainé! houla c’est une coriace cette armillaire, il faut essayer d’être optimiste, mais ce n’est pas mon fort. Pour l’instant j’arrive à relativiser, mais enlever les souches dans un jardin où aucun véhicule peu passer, comment dire, j’ai peur de passer mes prochaines journées au jardin à creuser des trous autour dessouches. Pour voir et détruire les rhizomorphes, je ne sais pas comment tu fais, tu les vois? Je serais curieuse de voir ta technique, enfin que tu me l’expliques!

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